Solidarité
Autisme Jura : sur les chemins de la vie avec Yolande Letur
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Pour un « Petit Prince » égaré à mille lieux de la complexité de nos codes de communication, la société n’offre pas vraiment un monde à sa mesure. La seule ressource pour conduire la personne avec autisme sur le chemin de la socialisation, est sa famille, même monoparentale. Voici l’histoire d’une mère formidable qui a décidé de prendre les choses en mains Yolande, alors très jeune maman, qui avait mis trop tôt un terme à sa scolarisation, décide de reprendre des études par correspondance jusqu’à la formation d’éducatrice. Faute de prise en charge spécialisée dans le Jura, la petite famille déménage à Lyon où Alain peut être accueilli en hôpital de jour. Elle y séjourne pendant neuf ans jusqu’à l’adolescence d’Alain. Plus tard, dans un établissement non adapté à la spécificité du fonctionnement autistique Alain perd ses acquis… Sa mère ne peut le laisser régresser ainsi et décide donc de pallier le manque d’établissement adapté, en se consacrant à son accompagnement au quotidien. De retour dans le Jura, elle commence un long et douloureux travail de reconstruction, la détresse d’Alain ne pouvant s’exprimer que par la violence. La tâche est immense. Financièrement d’abord, avec des allocations inférieures au seuil de pauvreté. |
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Sur le plan personnel, il s’agit de trouver un rythme et surtout un projet de vie pour Alain qui ne le condamne pas à n’être qu’autiste ! Alors, en plus de l’orthophonie, la kinésithérapie, la psychomotricité, les séances de piscine en cure thermale à Yverdon en Suisse et les massages de relaxation, il y a la randonnée.
Ce choix est évident pour de multiples raisons. Le plaisir de la marche est profitable pour l’équilibre nerveux d’Alain. Il constitue la meilleure des rééducations car il souffre de séquelles d’hémiplégie infantile. De plus, cette activité ne nécessite qu’assez peu de moyens financiers. Et enfin, il y a Jumbo, un âne offert à Alain. Auxiliaire précieux de l’expédition, il transporte sur son dos, l’essentiel du matériel. Il joue également un rôle important de communication par l’intérêt qu’il génère auprès des gens croisés sur le parcours.
C’est dans ce contexte qu’Alain trouve les meilleures conditions pour s’ouvrir aux autres et gérer son quotidien. À ce jour, 4000 kilomètres ont été ainsi parcourus. Malheureusement, la randonnée prévue cet été le long des canaux du centre de la France a été interrompue au bout de cinq jours après la défaillance des jambes d’Alain consécutive à un accident dont il a été victime l’année dernière.
Pourtant, après rééducation, Yolande a bien l’intention de dire à nouveau : « en avant … marche ! »
Les grandes étapes
1958 : Naissance de Yolande à Bernay dans l’Eure
1974 : Naissance d’Alain à Lons le Saunier
1999 : Randonnée le long des crêts du Haut Jura
2000 : Randonnée jusqu’en Bretagne (569 km)
2001 : Création de l’association «Autisme Jura »
2002 : Tour de la montagne des Vosges par les canaux de l’est de la France (652 km)
2003 : Randonnée jusqu’à Paris à l’occasion des journées de l’autisme (577 km)
2003 : Sortie du livre « L’âme bâtée » (Prix du Jura 2009)
2004 : Randonnée le long des chemins de Stevenson dans les Cévennes
2005 : Tour du Jura
2007 : Canal du Midi
Autisme Jura
Forte aujourd’hui de 186 membres, cette association créée en 2001, regroupe 61 familles touchées par l’autisme.
L’association a pour vocation de :
- soutenir les familles du Jura touchées par l’autisme, de les réunir pour lutter contre l’isolement et l’épuisement,
- de sensibiliser les pouvoirs et l’opinion publics à la situation des personnes avec autisme qui manquent cruellement de prise en charge éducative adaptées à leur handicap,
- d’offrir à chacune des personnes atteinte d’autisme la possibilité de trouver sa place dans notre société en pratiquant une activité: pour Alain c‘est la randonnée, pour d’autre c’est la musique, le cinéma, la spéléo, les voyages …
Comment participer ?
- en adhérant à l’association en signe de solidarité,
- en achetant le livre de Yolande et Alain Letur, (Prix du Jura 2009), vendu au profit de l’association. Il relate leur randonnée vers la Bretagne, véritable message d’espoir, subtil mélange de passion, d’émotion, de réflexion dans l’action,
- en n’ayant plus peur de découvrir la richesse de la différence !
Contact : Autisme Jura / 21, rue Étienne Lamy / 39300 Cize
03 84 52 64 89 ou 06 86 22 35 25 /
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Claude Bottin, président de la Banque Alimentaire :
« J’ai sauté dedans à pieds joints ! »
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En-ga-gé. Trois syllabes qui résument bien le parcours de vie du champagnolais Claude Bottin : après quatre décennies passées au service de l’athlétisme, le charismatique prof de gym a radicalement changé de cap au lendemain de sa retraite. Du sport au caritatif, il semble y avoir un abîme, que Claude a franchi avec une facilité déconcertante en s’installant aux manettes de la Banque Alimentaire du Jura.Il est de bon ton de rechigner à parler de soi, mais l’homme se plie à l’exercice naturellement, sans réticence ni fausse pudeur. Niçois d’origine et Jurassien par alliance, Claude habitera « toutes les grandes villes de l’est de la France » avant de poser ses valises à Champagnole. Professeur d’éducation physique au LEP (1982) puis au collège des Louataux (1989), l’enseignant n’envisage pas son travail sans un prolongement associatif : « Depuis l’âge de 18 ans, je me suis toujours occupé d’athlétisme, en tant qu’entraîneur ou dirigeant ». Ame du club Champagnole-Morez Athlétisme, il est aussi la cheville ouvrière des fameux « galas » de Champagnole, gigantissimes célébrations sportives qui voient défiler, quinze années durant, toutes les « grosses pointures » de l’athlétisme. Une aventure dont le terme (Ah ! la dernière édition !) a été vécu non comme une fin mais comme une apothéose, de la même façon que le départ en retraite de l’enseignant en 2006 : « C’était fabuleux ! Trois cent cinquante personnes sont venues m’accompagner ce jour-là, me renforcer dans mon sentiment d’accomplissement et m’aider à tourner la page ». |
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A cette période charnière, Claude a la douleur de perdre son épouse (« Martine, c’était mon ombre et ma lumière ! »), celle qui l’a accompagné sur tous les fronts, sur tous les terrains. Conserve intact son désir d’engagement. N’étudie pas la direction de celui-ci, n’hésite pas entre une association ou une autre. Le hasard des rencontres fera qu’il s’agira de la Banque Alimentaire (« Je n’en connaissais même pas le rôle exact ! »), où il passe une année aux côtés des bénévoles avant d’être élu président départemental. « J’ai sauté à pieds joints dans le « chaudron » ! Presque instantanément, j’ai mis en chantier un projet de développement dans deux directions principales – l’ouverture sur les produits frais et la création d’épiceries sociales. Il y a du boulot, mais je suis bien entouré et nous sommes conscients de ce que représente la « B.A. » : l’épine dorsale de l’aide alimentaire. D’autres associations ont la même préoccupation – nourrir ceux qui en ont besoin – mais il faut apprendre à ne plus faire « cavalier seul » : agir dans son coin, c’est bien, mais ensemble, ça ne peut être que mieux ! »
Un discours inhabituel, d’autant que Claude Bottin enfonce encore le clou : « Il m’arrive de rencontrer des gens qui m’interpellent parfois brutalement : « Ce n’est pas à vous de faire de l’aide alimentaire, cette responsabilité relève des élus et de l’Etat ». Quelque part, ils ont raison, mais moi, grâce à mes responsabilités, je peux discuter de plain-pied avec les décideurs, les alerter, les mobiliser. Je donne l’exemple, je suis un « passeur ». L’aide alimentaire, ça n’est pas chasse gardée ».
La dynamique du Prof
1946 : Naissance à Nice.
1948-1967 : Jeunesse en Alsace.
1968-1971 : Etudes supérieures en Lorraine : professorat Education Physique et Sportive.
1971-1972 : Service militaire à Belfort.
1977-1981 : Professeur d’EPS au Lycée agricole de Mancy.
1982 : Professeur d’EPS au Lycée du bois de Mouchard.
1982-2006 : Club d’athlétisme de Champagnole (dirigeant, entraîneur, juge).
1983 : Collège des Louataux (Champagnole).
1984-1990 : LEP de Champagnole.
1989-2003 : Participation à l’organisation du Gala d’Athlétisme de Champagnole (15 éditions).
1990-2006 : Retour au collège des Louataux.
2006 : Départ en retraite. Pratique accrue des loisirs de prédilection : roller, snowboard, pêche à la ligne, cueillette de champignons, chant choral (« La Tarentelle »).
Depuis 2007 : Bénévole puis président de la Banque Alimentaire du Jura.
Banque alimentaire du Jura : « Ensemble, aidons l’homme à se restaurer »
- Pourquoi ?
Le but de la Banque Alimentaire est d’aider le bénéficiaire à se restaurer dans son corps et sa dignité. Elle collecte des marchandises, les trie, les comptabilise, les stocke et les redistribue via des associations caritatives ou organismes partenaires (centres communaux d’action sociale). Chapeautée par la Fédération Française des Banques Alimentaires depuis 1993, la « B.A. » du Jura fait partie d’un réseau de 79 « banques » réparties sur le territoire national.
- Comment ça marche ?
Du côté de l’approvisionnement, la Banque Alimentaire du Jura bénéficie de dons de l’Union Européenne (Programme Européen d’Aide aux plus Démunis) ; elle réalise également des échanges avec d’autres « B.A. », et organise chaque automne (novembre) une collecte annuelle auprès des particuliers. Aucun produit n’étant acheté, il n’y a donc pas de circulation d’argent au sein de l’association.
La redistribution (180.000 kg en 2008) ne s’effectue pas directement, mais par l’intermédiaire des associations partenaires (48 au total), qui elles-mêmes les redistribuent sous diverses formes : colis, repas, épiceries sociales…
- Qui la fait tourner ?
Au niveau du Jura, un permanent salarié s’occupe du secrétariat. Le fonctionnement repose entièrement sur la base du bénévolat : un noyau d’une dizaine de personnes s’active toute l’année à la préparation des commandes et à la réception des arrivages ; 18 personnes sont membres du Conseil d’Administration ; 950 bénévoles sont mobilisés chaque année au moment de la collecte.
- Quelles sont les orientations 2009 ?
Sous l’impulsion du nouveau Conseil d’Administration, la Banque Alimentaire du Jura travaille actuellement dans deux directions : l’ouverture vers le frais, qui implique un plan de développement (achat d’un véhicule frigorifique, installation de chambres froides), et l’incitation à l’ouverture d’épiceries sociales, dont le principe permet de responsabiliser les bénéficiaires.
- Est-ce que je peux participer ?
Toutes les énergies sont les bienvenues ! S’adresser à la Banque Alimentaire qui orientera les bonnes volontés en interne ou vers les associations partenaires/distributrices.
- Qui contacter ?
Pour tout renseignement, contacter le siège départemental : Banque Alimentaire du Jura, « Espace Associatif », 20 avenue Edouard Herriot, 39300 Champagnole. Tél. 03.84.52.60.48.,
Mail :
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site web www.banquealimentaire.org
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Restos du cœur à Dole : la solidarité au menu quotidien

L'équipe doloise des Restos du coeur Photo J-F Bianchetto / 2009)
Le 25 mars 1986, Coluche remettait à l’Abbé Pierre un premier chèque d’un million et demi de francs. Près d’un quart de siècle plus tard, son action contre la misère et la faim est relayée avec foi dans tout le Jura. Exemple marquant avec le groupe dolois
La précarité depuis n’a pas diminué depuis 86, bien au contraire, la crise et le chômage ont rajouté à la misère. La progression des bénéficiaires a ainsi dépassé 20% dans 21 départements dont le Jura. Les Restos du coeur et les associations caritatives ont encore, malheureusement, de beaux jours devant eux…
Au local dolois du 35 rue Armand Carrel situé en plein cœur des Mesnils Pasteur, lors de notre visite, la campagne hivernale 2009/2010 n’est pas encore lancée. Elle débute le 30 novembre pour s’achever le 19 mars 2010. Mais lors du premier jour des inscriptions, la file d’attente est déjà importante. A l’intérieur, les demandeurs sont reçus individuellement par groupes de deux bénévoles. Ceux-ci établissent les dossiers prenant en compte la situation de famille et les ressources des personnes. Parmi celles-ci, les statistiques annoncent 53% de chômeurs ou demandeurs d’emploi et un quart de demandeurs ont plus de 53 ans et viennent avec beaucoup de retenue. L’inscription sur la liste permettra aux bénéficiaires de solliciter une fois par semaine les provisions auxquelles leurs conditions donnent droit.
Elisabeth est responsable du Centre Dolois installé dans ces locaux mis à disposition par la ville. Elle gère les choses avec une main de fer dans un gant de velours conformément à la réputation des Restos du Cœur dont la rigueur comptable a fait l’objet de l’approbation de la Cour des Comptes. Dans cet immeuble intervient aussi, au premier étage, l’Association Poinfore (Pôle insertion Formation Emploi). Les deux structures amies entretiennent des relations étroites. D’ailleurs la réunion de préparation de la nouvelle campagne se tient dans une salle du 1er étage mise à disposition par Poinfore. Les bénévoles présents sont nombreux. Dole en compte plus de 90. C’est le plus important des 7 centres jurassiens. Tous ces bénévoles sont retraité ou presque, souvent en couples mais avec une petite majorité de femmes : « Ils viennent de tous les milieux socio- professionnels et tout bénévole est utile. Il n’y a pas de hiérarchie et aucun poste n’est plus noble qu’un autre.» précise la responsable. C’est que les activités de ces bénévoles dans l’association sont très diverses entre l’administration, l’approvisionnement, la distribution et les diverses animations comme le jardin, les ateliers d’apprentissage et de perfectionnement de la langue française. Et puis, suivant les besoins, d’autres activités peuvent voir le jour. »
L’engagement de tous ces bénévoles est bien résumé par Elisabeth : « On essaie de faire un bout de chemin l’un vers l’autre. Et quand on croise des bénéficiaires qui s’en sont sortis, le bonheur qu’ils ont dans leurs yeux vous fait chaud au cœur. » André pour sa part était enseignant. Comme beaucoup d’autres, il apporte sa contribution active avec son épouse depuis qu’il est à la retraite : « ça fait maintenant 14 ans. Pour nous, l’idée était de nous consacrer aux autres, dans la continuité de notre métier. Et, quand on met les pieds dedans, on en ressort autrement. On reçoit bien autant qu’on donne. »




