Grand âge/Vieillissement

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Jura / Lons le Saunier

Quand Marianne Montchamp inaugure l’extension d’Édilys

Ce lundi 26 septembre, l’extension de la résidence Édilys a été inaugurée  en présence, entre autres, de la secrétaire d’Etat aux solidarités qui en a profité pour défendre « un autre modèle d’accompagnement des personnes âgées dépendantes »

Deux ans de travaux, 5.6 millions d’euros investis (dont près de 600 000 par l’Etat, 143 500 par le Conseil Général, près de 100 000 par la communauté de communes, le reste étant supporté par la Ville), 38 nouveaux studios dont une douzaine de place destinées à l’accueil de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (ou de maladies apparentées) : tel est le résumé chiffré de l’extension de la résidence Edilys dont la philosophie repose d’une part sur le respect de la vie privée (les résidents vivent en appartements et non en chambre), d’autre part sur l’entretien ou la culture intensive de l’autonomie des résidents via de multiples animations, enfin sur une offre de services capable de s’adapter aux besoins de chacun en fonction de leur situation personnelle.

Localement, le développement de la structure s’inscrit dans une politique plus globale destinée à accroitre et à diversifier l’offre d’hébergement et de services destinés aux personnes âgées. Ainsi une partie des bâtiments jouxtant  la résidence ont d’ores et déjà été achetés par la municipalité pour développer des logements relais occupés à terme par des personnes âgées qui pourront bénéficier des services offerts par la résidence. Une approche qu’est venue soutenir Marie-Anne Montchamp au non du bien-être social des personnes âgées certes, mais également au nom des finances publiques.

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Inauguration en présence de Jacques Pélissard (maire de Lons), Marie-Anne Montchamp (Secrétaire d'Etat aux solidarités), Annie Guyénot (directrice de la résidence), de Sylvie Mansion (directrice de l'ARS), du préfet du Jura Francis Vuibert, du directeur du service social de la ville de Lons, Philippe Cannard et d'Alain Hugues (président de la FNADEPA)... Un absent de taille en revanche puisque Christophe Perny (président du conseil général) qui après le débat sur la dépendance s'était "excusé" dénonçant une mascarade / photo © Magazine Participe Présent 2011

Dénonçant le modèle du tout EHPAD qui « ne correspond pas aux attentes des gens » et auquel « nos finances sociales ne résisteront pas », elle a mis en
garde contre les dangers de « l’industrialisation de la prise en charge sur le mode Ehpad » avant d’en appeler à « un nouveau modèle dans l’accompagnement des personnes âgées dépendantes ». Un modèle plus diversifié, un modèle davantage préventif, un modèle moins médicalisé … et moins onéreux.
« Nous avons de bonnes raisons sonnantes et trébuchantes de repenser le système » a-t-elle plaidé dénonçant l’hospitalisation abusive des personnes âgées. Tout le monde en convient. Certains s’interrogent tout de même sur les modalités de la transition, sur la nécessaire redéfinition de la complémentarité entre les secteurs sanitaire et médicosocial comme sur les moyens mis en œuvre par l’État pour y parvenir…  A suivre !

E. Caen



COLLOQUE FRANDEPA FRANCHE-COMTÉ / BESANÇON (18 novembre 2010)

Citoyenneté, droit, éthique: quelle réalité au quotidien pour la personne âgée ?
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De gauche à droite: Sylvie Mansion directrice de l'ARS - Une partie de la salle attentive aux divers intervenants - Alain Hugues, président de la FNADEPA en discussion avec Georges Patat (Les Parentèles)
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De gauche à droite: Les Clownanalystes ont ponctué la journée d'interventions improvisées sur le thème débattu -La table ronde réunissait autour de Bruno Chignier, Mme Marion, M. Besson (UDAF du Jura), le Dr Dartevelle, Nathalie Rigaux et Étienne Bataille. /   Photos B. Chevrier © Participe Présent / BCH Éditions 2010

Jeudi 18 novembre a eu lieu le colloque de la FNADEPA Franche-Comté sur le thème " Citoyenneté, droit, éthique: quelle réalité au quotidien pour la personne âgée ? "
La journée a été ouverte par Alain Hugues, le président régional au nom de tout le comité de préparation. Se sont ensuite succédés à la tribune Sylvie Mansion la directrice de l'Agence régionale de Santé, Nathalie Rigaux, sociologue et professeurs aux facultés universaitaires de Namur (Belgique), Étienne Bataille, avocat à Paris, chargé de cours à Sciences Po (masters politiques gérontologiques), le Dr Georges Patat, gérontologue spécialisé dans l'accueil de malades Alzheimer dans les établissements Les Parentèles et enfin Claudy Jarry, le président national de la FNADEPA.
Une table ronde a également réuni Stéphanie Marion mandataire judiciaire et Gilles Besson (Udaf du Jura) ainsi que le Dr Dartevel, géronto-psychiatre autour de Bruno Chignier de la FNADEPA Franche-Comté.
Vous retrouverez le compte-rendu rédactionnel de ce colloque la semaine prochaine.
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De gauche à droite: Alain Hugues, Sylvain Vallet (FNADEPA), un des clownanalystes et Claudy Jarry - Ci dessus, les stands visités par les directeurs et personnels d'établissements.

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Alain Hugues (FNADEPA - Franche Comté)

«D’ici 5 ans la population des plus de 70 ans va doubler»

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La FNADEPA (Fédération Nationale des Directeurs d'Établissements et Services pour Personnes âgées) se prépare à cet enjeu sociétal majeur.


Notre magazine a rencontré son président régional, Alain Hugues directeur de l’EHPAD du moulin à Moirans. Il nous explique les enjeux pour les établissements accueillants des résidents et les inquiétudes de la profession.


La FNADEPA est l'organisation professionnelle la plus représentée en Franche Comté

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Le 17 novembre 2009 vous avez organisé à Besançon un colloque régional sur le thème «Valorisons les métiers d’accompagnement du grand âge ». Pourquoi faut-il les valoriser ?
" C'est un secteur d’activité qui va créer le plus d’embauches dans les années à venir, plus que l’industrie, le commerce et l’artisanat. Avant, les métiers qui touchaient aux personnes âgées étaient dévalorisés. Il y avait l’infirmière du milieu hospitalier et l’infirmière de maison de retraite, ce n’était pas pareil. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. C’est un métier à part entière, parfois une vocation. "


Cette création massive d’emplois a-t-elle été chiffrée ?
" On a une estimation basse de 800 000 postes dans les 5 à 10 ans mais la réalité est sans doute plus proche du million. C’est dire si nos besoins sont énormes et s’ils ne sont pas satisfaits aujourd’hui. Les métiers de base que sont l’infirmière, l’aide soignante et l’auxiliaire de vie vont augmenter en nombre. Et d’autres métiers arrivent  dans nos établissements : ergothérapeute, musicothérapeute, réflexologue… "

Les métiers de base doivent aussi évoluer
" Oui car la pratique devient technique et en même temps elle doit être plus humaine, répondre à des besoins précis. Les soins traditionnels s’accompagnent de soins psychologiques et mentaux, d’où le rôle croissant des psychologues dans nos maisons. Cela a été acté par la Sécurité Sociale pour des créations de poste. "

Qu’attendiez-vous de ce colloque de novembre ?
" Il est d’abord destiné aux professionnels, pour qu’ils se confortent mutuellement dans leurs orientations. Il est nécessaire de faire les bons choix en terme d’évolution de nos métiers et donc de nos établissements. On doit se préparer à l’arrivée massive de populations âgées. Le fait de valoriser ces métiers doit nous permettre d’être en phase avec l’évolution de notre société. Il faut montrer que ce sont des métiers nobles, pour accompagner des êtres humains dans le respect et la dignité. Il faut être fort mentalement et psychologiquement, car ces métiers sont en face d’une réalité. Le vieillissement de la personne a ses bons et ses mauvais côtés. Il y a la maladie, la dépendance. Ce n’est pas toujours évident. "

Vous devrez faire face aussi à de nouvelles exigences…
" Les personnes qui ont 80-90 ans ont connu la guerre et ses restrictions. Elles n’osent pas déranger pour « rien », n’ont pas l’habitude de se plaindre ni de réclamer. Elles se contentent d’un minimum relatif. Les gens issus du Baby boom sont des consommateurs nés. Ils voudront sans doute internet dans leur chambre, des écrans plats et des activités plus variées, plus élaborées. Ils voudront être en forme physique. Toutes leurs habitudes alimentaires, vestimentaires, leur goût de l’aménagement seront différents. Il faudra peut-être mettre en place des saunas, des spas. Cela se fait déjà avec des baignoires à remous. "

Avec quels moyens à disposition ?
" C’est la raison pour laquelle nos politiques doivent prendre les bonnes décisions et pas uniquement de demander à faire le maximum avec un minimum. Si on reste avec les moyens actuels on ne pourra pas répondre à la demande à venir. Il est grand temps que l’on réagisse pour pouvoir faire face à ce défi de société.
Le modèle économique actuel, ce n’est pas ça du tout. Mais dans vingt ans, qui aura les moyens de se payer une place en maison de retraite au prix d’aujourd’hui ? "

Aujourd’hui justement quel est le prix moyen mensuel dans le Jura ?
" Le prix moyen en EHPAD, c’est-à-dire en maison médicalisée est de 1700 euros dans le Jura. A multiplier par deux forcément quand on est en couple. En effet rares sont les demandes de couples qui veulent être dans la même chambre. La majorité veut des chambres séparées parce que chez eux c’est déjà comme ça.  
Avec 400 euros d’équivalent APA, il reste encore 1300 euros à charge du résident. S’il peut toucher l’allocation logement, cela se traduit par 850 euros par an, soit environ 70 euros mensuels.
Il peut y avoir l’assurance dépendance mais il faut prendre toutes les précautions car elle ne rapporte en général pas grand-chose sauf si l’assuré a bien ficelé son contrat. Dans la majeure partie des contrats proposés, la personne ne peut en bénéficier que trois mois avant sa mort ! "

La période est cruciale mais quels sont les signes politiques ?
" Les enjeux sont énormes. Ou l’Etat est très conscient du problème et ne sait pas comment le résoudre, ou il n’a pas mesuré la réalité des choses et va se heurter à un mur. Cela dit, le gouvernement et le législateur ont des moyens d’information et de projection sur l’avenir. Ce n’est pas d’hier que l’on sait. "

Et que disent ces projections ?
" Le doublement de la population âgée de 70 ans et plus dans les 5 ans qui viennent. A cet âge là c’est le début des soucis de santé. Sans compter les accidents cardio-vasculaires, les hémiplégies, le ralentissement de la vie active et les mauvaises chutes. Plus les gens ont du temps de loisirs et plus les risques d’accidents divers augmentent. Et les personnes que nous citons ont vécu une ère de consommation de tabac et d’alcool. "

Quel est le rôle de la FNADEPA dans cette situation ?
" D’abord ce n’est pas un syndicat mais une fédération de directeurs d’établissements. Notre rôle n’est pas de revendiquer. Notre rôle est d’interpeler les pouvoirs publics, nos décideurs sur tel ou tel sujet qui pose problème ou qui va poser problème. Nous souhaitons travailler autour d’un projet global en rapport avec l’évolution de nos métiers et du savoir faire de chacun.
Notre rôle est donc un rôle d’alerte et un rôle moteur aussi. Nous avons le devoir d’apporter nos réflexions, mais aussi celui d’apporter des solutions pour faire avancer. C’est un vrai problème de société. Avec l’Etat et le Conseil Général nous signons des conventions tripartites, c’est forcément un travail d’équipe. On ne peut pas être indépendants ou les uns contre les autres. Mais l’Etat a un peu peur, il est toujours sur la réserve. Le futur est à inventer dans ce domaine, il n’est pas sûr qu’il ne faille que des énarques pour faire avancer les choses. "

Fédération Nationale des Directeurs d’Etablissements pour Personnes Agées

La  Fédération compte près d’un millier d’adhérents. Elle est de loin, l’organisation la plus représentée au niveau national, loin devant l’AD-PA plus médiatique mais moins active sur le terrain et pas du tout représentée dans certaines régions dont la Franche-Comté.

La représentation régionale est présidée par Alain Hugues, directeur de la Résidence du Moulin à Moirans. Les vice-présidents sont :

Pour le Jura, Isabelle Grandclément (Parc des salines à Lons)
Pour le Doubs, Sylvain Vallet (La maison de Clermont à Besançon)
Pour la Haute-Saône, Hélène Lemercier (Notre Dame des cèdres à Montagney)
Bruno Chignier (L’Eclaircie à Equevillon) est chargé des différentes commissions
Trésorière : Annie Guyenot (Résidence Edylis à lons le Saunier)
Secrétaire : Marc Comment (Clair Jura, Montain)

La FNADEPA Franche-Comté regroupe environ 48 directrices et directeurs sur 90 établissements environ.

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La Maison des aînés : un dispositif solidaire pour la Petite Montagne

 

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Légende photo de gauche : Dans l'un des logements, Clémence Durochat (à droite) en visite chez Anne-Marie (au centre) et sa voisine Simone. Légende photo de droite:   les huit logements adaptés ont coûté 937 000 euros.

 

Un bâtiment flambant neuf pour la structure à Arinthod, huit logements adaptés pour des personnes âgées à Arinthod et Aromas : la Maison des aînés de la Petite Montagne se met petit à petit en place. Le dispositif veut toucher les 40 communes du secteur

Une Maison des aînés, ce n’est pas qu’un bâtiment. C’est aussi et surtout une politique en faveur des personnes âgées de trois bassins de vie distincts : Arinthod, Saint-Julien-sur-Suran et Thoirette/Aromas.
A Arinthod, les locaux réhabilités où viennent d’emménager la Communauté de communes, l’ADMR, un cabinet d’infirmières et la Maison des aînés constituent l’étape la plus spectaculaire du projet de « services intergénérationnels » parti du Pôle d’Excellence Rurale porté au départ par le Pays des lacs et de la Petite Montagne. Un pôle labellisé en juin 2006 dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire. Depuis, le projet est passé entre les mains de la communauté de communes.
C’est à Aromas que tout a commencé.  A partir d’une réflexion toute simple: comment continuer à vivre dans son village en vieillissant ? En devenant communautaire, cette interrogation a mis à jour la pertinence d’un centre de ressources fédérateur, la  Maison des aînés. Le Conseil général venait en même temps d’élaborer un cahier des charges portant sur la réalisation à titre expérimental de maisons du même genre. Le projet de la Petite Montagne fut logiquement retenu.
Depuis le projet s’est encore enrichi notamment d’une visite dans la Drôme pour apprécier le travail de l’association « Vieillir au village » qui expérimente sur 6 communes « les veilleurs », des habitants relais bénévoles qui rendent des visites spontanées aux personnes âgées les plus isolées.« C’est un des volets principaux, précise Clémence Durochat, agent de développement qui suit le dossier depuis le début. Nous souhaitons constituer un petit réseau de référents communaux qui relaieront l’information dans un sens ou dans l’autre. Cet automne nous ferons un recensement des personnes âgées concernées. »

Un lieu pour aider les aidants familiaux

Pour ceux qui sont encore mobiles,  la Maison des aînés va bientôt mettre en place différentes animations. En janvier 2010, vont être créés à Arinthod les ateliers Bien vieillir (à partir de 55 ans). Sept thèmes ont été retenus dont le sommeil, l’alimentation ou l’équilibre. Des ateliers mémoire et l’aide aux aidants familiaux seront également proposés. « Pour ces derniers, il s’agira d’un lieu pour souffler, prendre du recul. Les personnes qui s’occupent en permanence de leurs conjoints, parents dépendants ont besoin d’aide, d’information, d’un endroit où échanger.  Dans le même esprit, un accueil de jour pourrait ouvrir prochainement à Saint-Julien. »
Pour ce faire la CRAM , la MSA et le RSI (régime social des indépendants) se sont groupés pour mutualiser leurs moyens.

A deux pas du centre ville, de la poste, de la maison de retraite, du marché et du supermarché, « La maison des aînés » est au cœur d’Arinthod. Bientôt s’ouvrira dans son hall un point d’information touristique qui complétera ce pôle d’accueil, relais de service public déjà labellisé pour la CRAM, la CAF, la MSA, la Préfecture, Pôle Emploi et la Maison de l’Emploi de Lons. « On envisage aussi de développer des partenariats dans le domaine du vieillissement pourquoi pas avec le CLIC, avec Jura Habitat ou avec le Conseil général pour l’APA. »

Pour mener à bien tout ces projets, la communauté de communes a pris la compétence sociale et créé un centre intercommunal d’action sociale dont est issu le groupe de travail « Maison des aînés ». « L’objectif est de créer du lien avec les acteurs de tout le territoire. Il s’agit d’un projet concerté, porté collectivement. »
Première pierre de cet édifice, les logements adaptés ouverts à Aromas et, depuis juillet, à deux pas des locaux de la Maison des aînés. Quatre locations de 50 m2, de plain-pied avec des douches, des portes larges et des équipements fonctionnels. Des lieux de transition pour des personnes âgées encore autonomes mais qui ne sentaient plus à l’aide chez elles.

« Tout simplement heureuses»

Anne-Marie Vuitton et Simone Dupré ont emménagé dans l’été, elle sont maintenant côte à côte, chacune occupant un logement mitoyen de 50 m2, fonctionnel et situé sur un axe passant d’Arinthod, entre la Poste, le supermarché et la Maison des aînés, à deux pas du centre.
Anne-Marie, 85 ans, apprécie ce nouveau lieu de vie, elle qui demandait depuis longtemps la création d’un foyer logement. Cette arrière-grand-mère qui découvre internet et la photo

numérique est « très heureuse » d’être dans ses nouveaux murs. Son amie Simone qui résidait jusqu’ici rue de la Portelle à Arinthod, dans un logement à l’étage, se « sent mieux » elle aussi. Ses enfants habitent d’autres départements, sa vue baisse fortement, aussi trouve-t-elle commode d’être à proximité de tous les commerces. Pour les deux la vie a changé, en mieux.

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Les professionnels méconnus des maisons de retraite

Elles interviennent dans le domaine relationnel ou apportent leur expertise thérapeutique. Elles peuvent aussi  mêler les deux en complément des métiers plus traditionnels des soignants. Psychomotricienne, animatrice ou musicothérapeute, elles évoquent leurs missions respectives et portent un regard plus personnel sur leur rôle dans l’établissement

Thérapeute à médiation corporelle, diplômé d’état après trois années d’études paramédicales post bac, le psychomotricien est plus connu pour sa pratique auprès des enfants ou des adultes handicapés mais il intervient de plus en plus souvent auprès des personnes âgées en institution. Virginie Gardet exerce à Clair Jura, EHPAD de la Croix Rouge à Montain. Elle propose des séances en groupe ou individualisées.
« L’un des objectifs qui m’est cher, c’est le plaisir de ressentir son corps en mouvement ou en repos, que l’on soit âgé, voir très âgé ou que l’on soit privé de son autonomie physique ou psychique » explique Virginie avec passion. Le maintien des capacités restantes, la récupération des déplacements et des gestes après une chute, l’entretien du lien social sont pour elle des objectifs tout aussi importants.
Les séances proposées ont lieu une fois par semaine entre 45 minutes et 1 heure, elles ont été prescrites après un bilan psychomoteur. « Les médiations que j’utilise, précise Virginie, sont la relaxation psychomotrice, le mouvement lent, les jeux de balle et de ballon, le parcours d’obstacles, le toucher thérapeutique et les stimulations sensorielles. »

Au delà de l’aspect technique, la thérapeute retient « un aspect majeur de mon métier : la manière d’être que j’ai lorsque je suis avec les résidents. Je suis là pour leur apporter un temps de bien être ; je suis donc à l’écoute afin d’ajuster au plus près de leur besoin ce que je leur propose. » Elle dit aussi ressentir
« un réel plaisir » à être au contact de ces personnes, à partager avec elles des moments de joie et de bien être suscités par ces séances de psychomotricité. « Des sourires, des éclats de rire se manifestent lors des jeux de ballon puis la sérénité apparaît sur les visages après un temps de relaxation. Il y a aussi ces moments de silence et l’intensité des regards échangés lorsque la parole n’est plus, au crépuscule de la vie. »

Claire et son «métier du cœur »

Claire Landras dit qu’elle exerce « un métier du cœur ». Destinée à l’origine au tourisme, elle a vite changé de voie. Elle est depuis un an animatrice socio-culturelle au Parc des salines à Lons, une résidence médicalisée pour personnes âgées, pour beaucoup très dépendantes. C’est là qu’elle rayonne véritablement.
« Les personnes qui viennent en établissement sont coupées de leur quotidien d’avant, de leurs racines. Elles ont perdu leur environnement familier et leur cercle relationnel car elles ont connu beaucoup de décès dans leur entourage. L’animation est là pour les aider à recréer du lien, à s’inscrire peu à peu dans la vie de la résidence. »
Il y a longtemps que Claire a dépassé le stade occupationnel. Les activités qu’elle propose vont bien au-delà et permettent à des personnes de préserver le plus longtemps possible leurs capacités résiduelles physiques et intellectuelles.
« Dans le terme socio-culturel, le social prend le dessus, explique Claire, nous sommes avec des gens qui sont en grande souffrance. Aujourd’hui, les résidents des établissements sont dans un état plus dégradé qu’autrefois car ils sont restés plus longtemps à domicile, ils viennent ici quand ils ne peuvent plus rester chez eux, quand ils sont un danger pour eux-mêmes. Il y a aussi un épuisement familial souvent culpabilisant.»
Dans ce rôle d’accompagnement, Claire s’épanouit. Avec elle les résidents ne peuvent pas s’ennuyer. Les temps de rencontre et de détente sont souvent tournés vers l’extérieur. « Du moins c’est plutôt l’extérieur qui vient à nous », corrige Claire. Cela se traduit par des interventions de musiciens, la venue d’écoliers, des moments festifs auxquels les familles sont associées. Parfois, la sortie est effective : un pique-nique au parc des bains, un petit tour avec l’association Bol d’air ou un thé dansant à Juraparc.
« C’est un public qui m’a plu. Ce métier je l’ai vraiment choisi, c’est une remise en cause quotidienne car il faut s’adapter à chacun. Que ce soit par l’atelier chant ou le scrabble, il faut valoriser  les personnes et leur montrer ce qu’elles peuvent encore faire. »

Consciente que son choix professionnel n’est pas encore porteur de reconnaissance sociale, elle n’en a cure. « La reconnaissance on la reçoit à travers le regard de nos résidents. » Cela se voit lorsqu’elle s’installe avec sa guitare et entonne avec sa jolie voix des airs qui résonnent dans la mémoire de son auditoire.

Nadine : « un petit moment de bonheur »

La musique fait appel à la mémoire, la mémoire aux souvenirs, les souvenirs provoquent des émotions. Par de petites touches, avec une douceur appropriée, la musicothérapie a fait son entrée dans les institutions dans le cadre de l’animation.
Mais si l’aspect relationnel joue un grand rôle, la thérapie est bien présente dans l’accompagnement de fi n de vie. Nadine Reignard est musicothérapeute depuis 2003, elle exerce sur deux sites, à la résidence Edilys à Lons et à Montain dans l’unité Alzheimer de Clair Jura. « Là je travaille sur les émotions. Cela peut permettre d’engager une conversation avec une personne qui avait perdu la parole. L’idée première est de se faire plaisir, on passe un moment ensemble, on crée du lien. Tout le monde peut participer même si certains ne peuvent chanter que le refrain. C’est un petit moment de bonheur. Un bonheur éphémère. »
Nadine a trois grandes lignes de travail. La musicothérapie active tout d’abord avec prise en charge individuelle ou en groupe autour de petits instruments avec un public qui ne parle pas ou peu. Le but est de communiquer par des jeux avec lesquels on va toucher à des états affectifs. Tel instrument va
représenter la légèreté ou à l’inverse la lourdeur. Ici on va ouvrir une communication, créer un peu de relationnel.
Ensuite, il y a la musicothérapie réceptive autour de constructions musicales, des enregistrements réalisés en fonction d’un objectif. On a ici un public en capacité d’élaboration. L’exercice peut être construit ainsi :

1 – le morceau de mise en confiance
2 – celui qui correspond à la problématique du sujet (exemple, un conflit)
3 – le morceau qui va reconstruire la personne pour ne pas la laisser repartir si elle ne va pas bien.
Il y a enfin la relaxation psycho-musicale que Nadine propose depuis 3 ans à des personnes handicapées mentales. Il s’agit d’un enregistrement musical de 6 morceaux d’une durée totale de 20 à 25 minutes. Cela démarre à 100 pulsations/minutes puis 80, puis plus de pulsations et cela remonte enfin à 80.
« Ce sont souvent des temps forts, constate Nadine très investie dans son rôle, il se passe des choses … Nous essayons de les extirper de l’alimentaire et du sanitaire. On leur offre
d’autres moments, tout simplement. »

FNADEPA : « Il faut valoriser les métiers de l’accompagnement »

En novembre a eu lieu à Besançon le colloque régional de la FNADEPA présidée par le Jurassien Alain Hugues. Sur le thème
« Valorisons les métiers de l’accompagnement des personnes âgées», de nombreux intervenants se sont succédés à la tribune: Bruno Chignier le directeur de L’Etape à Equevillon, Isabelle Moesch chargé d’étude à l’Institut Régional du vieillissement, Stéphane Haissat, docteur en sociologie du travail,  Jean-Michel Caudron, consultant en ingénierie gérontologique, Guy Baudot, président de l’ADMR Gendrey-Rochefort, Mmes Kuenzi-Ménettrier et Chauvez-Siourd de l’IRTS Besançon, Lilianne Sauvageot de l’IFSI Pontarlier et Jean-Yves Charvin directeur du lycée agricole de Mancy et bien sûr Claudy Jarry le président national (photo).
Retrouvez le compte rendu de cette journée
sur www.participepresent.net

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Bientôt une maison Age & Vie à Foncine

A l’énoncé de certains projets, on se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt ! Il en va ainsi de la future « maison des aînés » de Foncine-le-Haut, qui permettra bientôt à six personnes âgées dépendantes de changer de logement, sans changer de vie ! Gros plan sur une initiative originale, qui ne devrait pas tarder à « faire des petits »…

Le principe est simple, relayé par la structure « Ages & Vie » en partenariat avec la commune de Foncine-le-Haut : réhabiliter, au beau milieu de ce gros village de 1000 habitants, une ancienne friche industrielle (l’usine JEPE), pour la transformer en un pôle santé à taille humaine. Ni maison de retraite, ni foyer-logement, cette maison est destinée à l’accueil d’une demi-douzaine de personnes âgées en perte d’autonomie : des personnes qui souhaitent rompre leur isolement mais sans intégrer une structure lourde et éloignée, rester en contact avec leurs proches sans pour autant « peser » sur eux. Vieillir, oui, mais bien entourées, au sein de la commune où elles ont toujours vécu et à laquelle elles sont attachées, en contact avec les leurs et avec la société.

S’agit-il du « mouton à cinq pattes », ce lieu de vie où l’on ne côtoie pas de personnel en blouse blanche, où l’on n’est pas soumis à des horaires fixes, où personne ne décide rien à votre place et où l’on peut concilier ses besoins d’intimité avec le plaisir des échanges en petit comité ? Non, puisque tout a été prévu dans cette optique : six logements indépendants qui se conjuguent avec une salle de convivialité intergénérationnelle, et une maison médicale qui permet à chacun de conserver ses prestataires habituels. Enfin : des logements de fonction sont réservés aux auxiliaires de vie, lesquels vivent à l’étage avec leurs familles : des professionnels de l’aide à domicile qui, une fois leur travail terminé, demeurent des voisins à part entière…

Une telle maison a un coût ? Certes, puisque les 2 millions d’euros de la rénovation seront supportés par la collectivité (la commune de Foncine-le-Haut avec des aides de l’Europe, de l’Etat et de la Région).  Mais le prix du séjour des colocataires, lui, restera inférieur au prix moyen des maisons de retraite, une fois réglés le loyer et les charges, ainsi que la quote-part des salaires (chaque locataire est en effet le co-employeur des salariés) et des frais divers (denrées alimentaires, produits d’entretien, électricité, chauffage)…

Une formule qui semble promise à un bel avenir, et qui recueille d’ores et déjà un écho favorable auprès des Fonciniers (cinq demandes ont été formulées à ce jour). Le coup d’envoi des travaux a été donné cet automne, pour une mise à disposition des locaux dès la fin de l’année 2010.

Contacts :

Mairie de Foncine-le-Haut, 39460 Foncine-le-Haut.
Tél. 03 84 51 90 77
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Ages et Vie Habitat. Tél. 03.81.25.08.23
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Site web www.agesetvie.com

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Sentier pédagogique intergénérationnel : « Des libellules chez les Espagnols »

Il y a des projets proprement « bluffants ». La mise en place d’un sentier intergénérationnel à Esserval-Tartre, petite commune du plateau de Nozeroy, fait partie de ceux-là, même si ses initiateurs s’en défendent en disant qu’« il n’y a rien de grandiose là-dedans, juste des petites choses mises bout à bout. » Rencontre avec Joseph Jantet, premier magistrat d’un village qui semble bien décidé à révéler sa diversité.

Courant 2010, un sentier pédagogique va être mis en place à Esserval afin de relier les habitants d’un nouveau lotissement de onze parcelles avec le vieux bourg. Mais comment cette idée est-elle venue aux « Espagnols » ?

Joseph Jantet : « A Esserval, personne n’a vraiment discuté le bien-fondé de la construction de ce lotissement, qui va redynamiser la population en apportant jusqu’à quarante habitants supplémentaires (le village n’en comptait plus qu’une soixantaine, lui qui dépassait les 400 âmes avant l’exode rural de la fin du XIXe siècle). Un lotissement, d’accord, mais « pas trop près de chez nous » !
L’emplacement finalement choisi, un peu à l’écart du village, a incité le Conseil municipal à se pencher sérieusement sur l’intégration des nouveaux arrivants, pour la plupart de jeunes néo-ruraux. Bien sûr, on allait maintenir la traditionnelle réunion villageoise au moment du budget ainsi que la subvention au Foyer Rural destinée à financer le repas annuel offert à tous les habitants, mais ce n’était pas suffisant en terme de lien social.  Un des plus gros drames qui puisse arriver dans une commune, c’est de laisser s’installer l’indifférence entre les résidants. Les nouveaux arrivants allaient nous apporter leur jeunesse, leur façon de voir les choses (technologies en matière d’éco-construction par exemple), mais nous, les « vieux » (la moyenne d’âge du village dépassait les 65 ans), qu’est-ce qu’on leur apporterait ? Parce que nous voulions aussi prendre en compte l’environnement dans le cadre de cette réalisation, nous avons donc fait appel au CPIE du Haut-Doubs pour nous aider à imaginer un projet susceptible de créer des liens autour d’une vraie richesse locale : notre mare classée «zone sensible», qui se trouve justement entre les deux parties du village. »

Une mare pour créer du lien ? A quoi ressemblera ce fameux sentier pédagogique ?

« Grosso modo : outre un panneau d’accueil, une quinzaine de bornes-questions seront répartis tout au long du chemin, qui fera une grande boucle sur le territoire communal : une sorte de  jeu de piste qui attirera l’attention du piéton sur les richesses du village – la mare bien sûr (un milieu précieux, qui
abrite de nombreuses espèces animales et végétales), mais aussi l’ancien lavoir, la tourbière de la Grande Seigne, la distillerie, des détails patrimoniaux sur certaines vieilles fermes (pierre jaune de Molpré, petites croix, niches).  Le lotissement ne sera évidemment pas oublié (explications sur la géothermie, la récupération des eaux de pluie…) . Nous avons tous à apprendre quelque chose de l’autre ! En contrepoint de la matérialisation de ce sentier, un certain nombre d’aménagements seront
réalisés, pour ne citer que la mise en place d’un point de vue sur la vallée de Mièges, ou le déplacement de l’arrêt de bus scolaire ; de façon à ce que le point de ramassage se trouve à mi-chemin, et que les parents puissent se rencontrer.»

Un tel projet, cela représente quel coût ?

« Même si les aides sollicitées peuvent aller jusqu’à 80 %, nous sommes toujours dans l’attente de certaines confirmations, et le projet est chiffré à 18.000 €. Mais nous sommes nombreux, à Esserval-Tartre, à penser que le jeu en vaut la chandelle. Bien sûr, je n’ai pas toujours tenu ce discours, mais vous savez, dans la vie, on évolue. Pendant mon parcours professionnel d’agriculteur, j’ai d’abord essayé de mettre en pratique ce qu’on m’avait appris : produire. Petit à petit, parce que j’étais curieux, j’ai découvert l’autre côté des choses – la nature qu’on doit préserver, pas seulement pressurer. Il en va des rapports humains comme de l’environnement. Je pense qu’on ne doit pas rester sur ses positions et sur ses habitudes : qu’il faut aller au devant de l’autre avec un esprit d’ouverture, pas uniquement le croiser ou le côtoyer. »

Le futur sentier valorisera le petit patrimoine local, passera par le point de vue sur le val de Mièges et mettra en évidence les nouvelles sources d’énergie propre aux constructions neuves

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