Habitat/Urbanisme


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Dossier Habitat/Urbanisme

Economies d’énergie : c’est le moment d’investir

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Bois, aréothermie, solaire ... quel chauffage choisir ? Commencez déjà par vous interroger sur votre isolation et suivez les conseils réunis dans ce dossier / Photos D. Lacroix et E. Caen

Entre les engagements internationaux de la France, les dispositifs de la Région, du Grenelle de l’environnement et le plan de relance, les propriétaires (bailleurs comme occupants) n’ont jamais été autant aidés pour rendre leur logement ou parc immobilier moins énergivore. Petit guide de l’investissement éco-logique !

Le diesel à plus de 1,40 euros,  un fioul domestique jouant avec la barre des 100 euros les 100 litres : personne n’a oublié l’envolée des cours durant l’été 2008. Jusque-là seuls quelques éco-citoyens investissaient temps et argent pour mettre leur logement en conformité avec leurs convictions. Depuis, aux cordes écologiques des uns est venue s’ajouter l’intérêt économique des autres.

Et chacun de s’interroger sur le meilleur moyen de réaliser des économies d’énergie. Quel chauffage, quelle isolation choisir ? Quel budget pour quelles retombées ? Des questions d’actualité car c’est vraiment le moment d’investir.

La France s’est en effet engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Or avec plus de 40% de l’énergie consommée, le logement est une priorité. A fortiori dans une région où deux tiers du parc date d’avant 1970, un quart d’avant 1915 et où la consommation moyenne est de 215 kWh/m2 alors que l’objectif est de passer sous les 50 !
Actuellement se croisent une multitude de dispositifs financiers souvent temporaires pour aider ceux qui désirent améliorer les performances énergétiques de leur patrimoine acquis ou à construire, éventuellement avec l’objectif d’une labellisation Bâtiment Basse Consommation (BBC)-Effinergie.

Crédits d’impôts, subventions de l’ANAH (925 000 euros d’enveloppe cette année pour le Jura), prêts à taux zéro, aide au diagnostic énergétique… autant de mesures qui réduisent les coûts et accroissent significativement la rentabilité financière d’investissements par ailleurs moralement gratifiants. Parallèlement d’autres dispositifs permettent de mieux valoriser la performance énergétique des biens immobiliers. C’est le cas du diagnostic énergétique rendu obligatoire avant toute vente ou location. Les logements, comme pour l’électroménager, sont désormais classés sur une échelle allant de A à G en fonction de leurs performances énergétiques et de leurs rejets de CO2.
C’est le cas également de la possibilité bientôt faite aux bailleurs d’augmenter les loyers lorsque des travaux permettent de réduire la facture énergétique des locataires.

Mais attention : d’exception aidée la basse consommation deviendra en 2012 avec la nouvelle réglementation thermique la norme imposée. Alors quitte à investir, autant anticiper !

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Les bonnes adresses pour un conseil

Par quel bout commencer ? Quels travaux seraient judicieux ? Quel budget consacrer ? A quelles aides avez-vous droit ? Le parcours du candidat à la construction ou la rénovation avec un souci de sobriété énergétique est riche de questions complexes mais aussi d’interlocuteurs compétents et indépendants. Petite tournée des portes auxquelles il ne faut pas hésiter à frapper

Tout sur les aides : l’ADIL

Récemment renforcés, ouverts aux bailleurs, conditionnés aux performances énergétiques, les dispositifs d’aide ont sensiblement évolué cette année : un détour par l’Association Départementale pour l’Information sur le Logement (ADIL) s’impose.
Adresse : 32 rue Rouget de Lisle à Lons
Contact : 03 84 86 19 30

Eco-rénovation de logements existants : l’ANAH

Vous êtes propriétaire résident et vos revenus sont modestes (16 398 euros pour un couple sans enfant) ?  Vous êtes bailleurs et prêt à louer vos logements à des loyers conventionnés pendant 9 ans ? L’ANAH peut subventionner jusqu’à 35 voire 70% en cas de sortie d’insalubrité-du coût hors-taxe des  travaux et vous accorder une éco-prime de 1000 ou 2000 euros en sus si les économies d’énergie sont significatives. L’ANAH mène parallèlement et localement des Opérations Programmées d’Amélioration de l’Habitat avec des collectivités locales (OPAH). Cinq sont en cours avec  les communautés de communes de la région d’Orgelet, de Salins, du Sud Revermont, du Pays de Saint Amour ou du Bassin lédonien.

Adresse : 3 rue du curé Marion à Lons
Contact : 03 84 86 80 00 ou www.lesopah.fr


Plan de financement, demandes de subvention : Jura Habitat

Dans le cadre des OPAH, Jura Habitat assure gratuitement une fonction d’assistance à maîtrise d’ouvrage comportant conseils, montage du plan financier et suivi des demandes de subvention auprès de l’ANAH. En dehors de ce cadre, la prestation est payante mais largement prise en charge par l’ANAH en cas de réponse positive.  
Adresses : 32 rue Rouget de Lisle à Lons,
3 av. Aristide Briand à Dole
Contact : 03 84 86 19 10

Isolation, chauffage, économies d’énergie, aides régionales : l’AJENA

Indispensable pour tous ceux qui n’y connaissent rien comme pour ceux désireux de se lancer dans l’auto-construction ou la rénovation. L’AJENA est aussi le guichet unique pour accéder aux  aides régionales du programme Bâtiment Basse Consommation (BBC) en Franche Comté mené en partenariat par l’ADEME et le Conseil régional.
Adresses : 28 Bd Gambetta à Lons et
6 rue de la République à Mouchard
Contact : 03 84 47 81 10

Pour définir et affiner son projet : le CAUE

Nombreux aujourd’hui sont ceux qui se passent des services d’architecte pour rénover ou construire. Ceux du Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement vous accueillent gratuitement pour vous aider à acheter une parcelle, définir ou affiner votre projet ou encore choisir un architecte.

Nouvelle adresse :
151 rue Regard à Lons
Contact : 03 84 24 30 36
www.caue39.fr


Rénovation : les économies ne sont pas là où l’on croit

Il y au moins deux certitudes partagées par tous les acteurs de la construction durable. La première est qu’en matière de basse consommation, il est plus difficile de rénover que de bâtir. La seconde ? Que la question du chauffage est la dernière qu’il faille se poser, sous peine de faire des choix aberrants. Moralité, prenez les choses par le bon bout : éco-logiquement.

Priorité à l’isolation

Pour l’AJENA et Geoffrey Berlemont qui y officie « l’énergie la moins chère et la plus propre est celle qu’on ne consomme pas. C’est en investissant dans l’isolation qu’on a aujourd’hui les rentabilités les plus élevées et les bénéfices écologiques les plus importants ; a fortiori quand les logements sont anciens». Par où commencer ? Sans nul doute par le toit a lui seul est responsable de 30% de la déperdition thermique. Continuer avec les murs (25%), les vitres (13%) et pour finir, les sols (7%). Bien ciblés, des investissements limités peuvent réduire la consommation de plus de 30%. Mais attention : il faut être très rigoureux quant aux choix des isolants. Ils doivent être plus denses et plus résistants à l’humidité que la laine de verre ou de roche. Attention également à la pose. Mal effectuée, elle peut faire perdre jusqu’à 90% de l’efficacité escomptée !


Etanchéifier à l’air et ventiler


Seuils de porte, passages de gaines, prises électriques, jonctions murs-fenêtres : 20% des pertes de chaleurs peuvent être dues à des fuites d’air. C’est dire si l’étanchéité à l’air devrait être l’affaire de tous les professionnels du bâtiment. C’est rarement le cas. Pour mesurer et identifier les fuites, n’hésitez pas à faire faire des tests d’infiltrométrie qui peuvent faire l’objet d’aides (voir page 8). Mais attention : tout logement imperméable à l’air doit impérativement être doté d’un bon système de ventilation.
De ce point de vue les VMC double flux avec récupération de chaleur sont de loin les plus efficaces car elles utilisent la chaleur de l’air sortant pour chauffer l’air rentrant. Mais outre son coût élevé, l’importance des gaines la rend difficile à installer dans les logements anciens. Les VMC simple flux dîtes hygro B feront l’affaire pour un coût moindre.

Mode de chauffage, la question ultime

En matière de choix de l’énergie de chauffage, il n’y a pas de décision pertinente tant qu’isolation et étanchéité à l’air n’ont pas été assurées.
Pour le choix de l’énergie et de son mode de chauffage, rendez-vous en page 11.

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Isolation : le naturel revient au galop

La meilleure façon de réduire sa facture énergétique est de réduire sa consommation. De deux choses l’une : soit vous acceptez de geler en hiver, soit vous isolez efficacement. Mais attention, laines de verre ou de roche et isolation intérieure qui ont longtemps constitué le dogme national en matière d’isolation sont aujourd’hui largement remises en cause

L’isolation extérieure : pourquoi ? comment ?

Enrober votre maison d’une enveloppe extérieure est sans conteste la solution technique la plus efficace pour isoler thermiquement votre maison en été comme en hiver et ce pour une raison simple : cela coupe court à tous les ponts thermiques qui peuvent représenter jusqu’à 20% des déperditions de chaleur dans une maison ! Scandinaves et Allemands qui la pratiquent déjà allègrement ne s’y sont pas trompés. François et Sylvain non plus pour leur maison de Morez (cf. « Retours sur investissements »). Mais il faut être clair : quelle que soit la technique choisie, l’isolation par l’extérieur modifie l’aspect du bâtiment, nécessite de ce fait le dépôt d’un permis de construire et coûte cher… à vous de faire jouer la concurrence et de peser le pour et le contre.


Les isolants : les produits naturels ont le vent en poupe

« Depuis quelques mois nous avons au moins une demande de devis par jour au point que nous avons du embaucher en mars dernier, raconte Michel Delatour, de la coopérative Abricoop spécialisée dans l’isolation naturelle et l’ éco-construction. Beaucoup de gens sont dans la logique des éco-prêts à taux zéro auxquels ils ont droit s’ils entreprennent au moins deux types de travaux différents parmi une liste. La plupart veut changer sa chaudière et en profite pour améliorer l’isolation ».  Si eux ne font que du naturel, beaucoup restent fidèles aux plus traditionnelles laines de verre ou de roche. Bref aperçu des principaux isolants aujourd’hui disponibles sur le marché

Polyuréthane :
Très isolant contre le froid, bonne tenue dans le temps
Mais : très cher, potentiellement toxique (libère des amines), peu efficace contre la chaleur en été

Laines de verre et de roche :
Peu chères, tenue correcte quand condensées (au moins 50 kg/m3)
Mais : supporte mal l’humidité, durée de vie limitée, irritant

Polystyrènes :
Fort pouvoir isolant et prix compétitifs
Mais :  libèrent des gaz toxiques (styrène et pentane) à la chaleur et offrent des durabilités limitées

Cellulose :
Fort pouvoir isolant été comme hiver, bonne tenue dans le temps, issu du recyclage du papier
Plus cher que les deux précédents pour une meilleure durabilité

Liège :
Fort pouvoir isolant, une des meilleures imperméabilités à l’eau
Mais : cher car rare du fait de la concurrence avec d’autres débouchés

Autres isolants courants :

Perclite, laine de bois, de lin ou de chanvre, paille…

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Construction basse consommation : une nouvelle logique… de résultat

Pour la labellisation Bâtiments Basse Consommation BBC-Effinergie, l’obligation d’une étude thermique globale et de tests de perméabilité à l’air impose une logique de résultat… qui change tout !

Un mercredi matin du côté de Macornay. Plaquiste, menuisier, électricien, ils sont tous là, ou presque. Seul le charpentier a fait faux bond ce qui a le don d’irriter le maître d’œuvre, Frédéric Cauchie. Avec le futur propriétaire, Laurent Brayard, ils s’apprêtent à assister au second test d’infiltrométrie que Frédéric Cauchie prend à sa charge. Tous effectuent là leur premier chantier BBC et tous se sont engagés contractuellement à livrer une maison conforme au label français Bâtiments Basse Consommation-Effinergie. Une petite clause qui change tout. En effet, en matière d’étanchéité à l’air le label prévoit que pour une maison mise en surpression (grâce à une «porte soufflante»
équipée d’un puissant ventilateur) les fuites d’air doivent être inférieures à 0.6m3 par heure et mètre carré d’enveloppe. Dans le cas contraire ? Les échanges avec l’extérieur ruinent les efforts consentis pour l’isolation, interdisent la labellisation et l’accès à certaines aides.

Mieux vaut donc ne pas se louper ! Or un premier test effectué quelques semaines auparavant  avait donné 1.27 m3/h.m2… une catastrophe ! Mais aussi un stimulant coup de tonnerre pour des artisans mis en face de leurs responsabilités. Car ce jour-là, le test au fumigène qui suit celui d’infiltrométrie et permet d’identifier les différentes fuites n’a épargné personne. Tous auraient pu s’enfermer dans une vaine défense. Chacun a préféré avaler ses couleuvres, voir dans le chantier une opportunité pour se former, analyser ses erreurs et proposer des solutions.

Ont-elles porté leurs fruits ? C’était justement l’objet du second test. Avec une mesure à 0.59 m3/h.m2… le résultat est bien meilleur, et même suffisant pour le label. Chacun respire. A commencer par Laurent Brayard qui de longue date voulait faire construire une maison confortable et conforme à ses convictions mais qui n’imaginait pas le processus dans lequel il s’engageait. Ainsi vont ces chantiers encore particuliers ; s’émancipant de la simple reproduction de techniques traditionnelles, ils imposent une culture de l’évaluation et du résultat permettant l’amélioration des techniques comme des équipements, modifiant l’organisation du travail et contribuant à inventer les façons de bâtir qui seront celles de demain. Pour les professionnels aussi, l’éco-construction est un investissement.

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Retours sur investissements

Construire ou rénover avec un souci de sobriété énergétique s’inscrit toujours dans des logiques à la fois financières, personnelles et parfois militantes. Les retours sur investissements sont donc de différentes natures.


• Le Manon (Jura) : un éco-gîte pour une professionnelle de la nature

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Vaste bâtisse à ossature bois, panneaux solaires couplés à une chaudière à granulés, peinture à l’eau, matériaux naturels comme la terre et le torchis, orientation au sud, larges fenêtres pour valoriser lumière et chaleur solaires, récupération des eaux de pluie et douches - poussoir pour inciter les clients à consommer moins d’eau. Voici quelques uns des choix faits par Valérie Dalmais (photo) et Leyla Ramirez pour leur gîte tout neuf de 16 chambres situé au Manon, vers Lajoux. Conçu par Jean-Michel Jacquier, cet investissement a été primé l’an dernier lors des « Eco-trophées » décernés par le PNR. Investissement ? 1.4 million d’euros ! Rentabilité ? « Je ne suis pas une femme de chiffres, explique Valérie. Mais en tant que professeur de ski de fond, cela fait plus de vingt ans que je vis et travaille dans et de la nature. Je sais ce que je dois à la nature préservée que les touristes viennent chercher dans le Haut-Jura. Je n’ai pas l’esprit partisan alors pour moi faire construire ce gîte, c’est une façon d’être cohérente et ma forme de militantisme».  

• Morez (Jura) : quand éco-rénovation rime avec rentabilité financière

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Ils se sont lancés dans un projet de rénovation BBC avant tout dans une logique d’investissement. Ce qui ne les a pas empêchés de se prendre au jeu. Ce qui n’a pas empêché la Région de sélectionner un dossier exemplaire présentant des solutions économiquement viables et techniquement reproductibles. Subventions renforcées de l’ANAH au titre de l’éco-rénovation d’un bâtiment insalubre (30% du coût des travaux), 60 euros par m2 dans le cadre de l’appel à projet 2007 du programme régional Effilogis, TVA à 5.5% … François Buffard et Sylvain Luzerne (à droite) n’ont rien négligé pour réduire les coûts d’un projet à 520 000 euros.  Avant même la fin du chantier la plupart des appartements était louée.
Retraitée, Yvette logeait jusque là dans un logement mal isolé qui lui coûtait mensuellement 286 euros de loyer et plus encore en chauffage. Avec ses 344 euros actuels de loyer et ses 35 euros mensuels de chauffage, son nouveau logement rime avec pouvoir d’achat et confort de vie. Pour ses propriétaires, outre la satisfaction morale qu’ils en retirent, l’éco-rénovation est aussi un facteur d’attractivité et de fidélisation des locataires.  A terme, leurs six appartements devraient assurer un retour sur investissement de moins de dix ans. Qui dit mieux ? 

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ENTRETIEN
Avec Gilles Ferreux et Gilles Reichardt

« Le marché est bourré

de Géo Trouvetout  qui vendent

n'importe quoi »

Certains architectes du Jura se sont formés et ont franchi le pas des maisons basse consommation ou des constructions passives. Gilles Ferreux et Gilles Reichardt sont de ceux-là.

Leurs conseils peuvent être précieux dans un marché où « tout est prétendument écologique »

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Maisons passives, basse consommation … on en parle énormément mais où en est le marché ?

Les entreprises ne se sentent pas encore totalement concernées. Les administrations publiques font un travail de fond depuis quelques temps déjà. Quant aux particuliers ils sont dans des situations très différentes. Il y a ceux qui, au nom de certaines convictions, sont prêts à interroger leur mode de vie pour concevoir un logement qui leur ressemble. Ensuite il y a ceux qui se rendent compte qu’avec les certificats énergie leur maison ne vaudra plus grand-chose dans dix ans. La question de la rénovation sera cruciale dans les années à venir.

Vous préférez clairement les constructions passives à la basse consommation. Pourquoi ?
D’abord parce qu’on sait le faire pour des surcoûts très limités. Ensuite parce que ce que le BBC est appelé à se déprécier en se généralisant. Ce ne sera pas le cas des maisons passives qui se passent de tout chauffage et ont des coûts de fonctionnement dérisoires

Quel est l’intérêt de recourir à un architecte pour construire durable ?
Tout est prétendument écologique aujourd’hui. Le marché est bourré de Géo Trouvetout qui vendent tout et n’importe quoi.  Les gens ne savent plus à qui se fier. Les architectes sont les seuls à avoir la capacité de synthèse nécessaire pour remettre chacun à sa place. Car il n’y a pas de solution unique: à chaque fois il faut tenir compte de la localisation et de l’orientation de la parcelle, des modes de vie et des budgets… Seule une approche globale peut permettre d’intégrer tous ces éléments.

La maison à ossature bois et les isolants naturels ont le vent en poupe. Cela relève-t-il d’un effet de mode ?
Pourquoi continuer à se servir de laines minérales qu’on sait dangereuses depuis longtemps quand on a sur le marché  des isolants naturels, performants, sains, durables et compétitifs comme la ouate de cellulose ? Les gens font de plus en plus attention à la dimension sanitaire des produits qu’ils utilisent et ils ont raison. Quant aux maisons à ossature bois, elles présentent non seulement des qualités extraordinaires sur les plans thermique et acoustique mais  elles  permettent en plus des architectures très élaborées, à la fois complexes, précises et évolutives.

On entend souvent parler de prix prohibitifs pour faire construire en BBC ou en passif. Qu’en est-il réellement ?
Il faut être très prudent mais ce qu’on peut quand même dire c’est qu’aujourd’hui, on est capable sur des parcelles standard de faire du passif pour des budgets allant de 1700 à 2000 euros le mètre carré, ce qui est très proche du conventionnel. Comme par ailleurs les constructions passives sont toujours plus compactes, qui peut faire construire, peut le faire en passif. Il suffit de trouver les bons arbitrages et les bonnes solutions.

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Chauffage : le bon choix final

Trop souvent les débats relatifs au choix du chauffage se focalisent sur la seule question de la source d’énergie alors que la question de la puissance de la chaudière est tout aussi importante

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Bien calibrer sa chaudière

« Qui peut le plus peut le moins » : tel est le raisonnement que beaucoup tiennent au moment de choisir une chaudière alors fatalement surdimensionnée. Rien n’est plus faux. D’abord parce qu’étant faites pour tourner à plein régime, leur combustion devient incomplète et polluante au ralenti. Ensuite parce que leur prix croit avec leur puissance. Bref, le surdimensionnement est aberration tant écologique qu’économique.
Sachez que la plupart des logements ne nécessite que 10 à 15 kW de puissance pour le chauffage et de 20 ou 25 kW avec l’eau en sus  Pour une évaluation plus fine des besoins, vous pouvez avoir faire réaliser une étude thermique par un cabinet spécialisé.

Solaire, pompes à chaleur, puits canadien… de bonnes solutions pour qui peut

La pompe à chaleur géothermale est un équipement performant mais qui nécessite un terrain d’une surface 2,5 fois supérieure à celle de l’habitation ou la proximité d’une nappe phréatique.

Le solaire ? Eviter les chauffe-eau qui coûtent cher pour ne couvrir au mieux que 2/3 des besoins en eau chaude soit 15% de la facture énergétique. C’est évidemment peu rentable. En revanche si vous avez un toit à forte pente, s’il est orienté plein sud et si sa surface représente 10% de celle à chauffer, un chauffage solaire fonctionnera très bien en mi-saisons et cantonnera l’utilisation de votre chaudière à l’hiver.

Le puits canadien est un système de chauffage géothermique. Contrairement à un circuit de VMC traditionnel, l’air introduit dans la maison a d’abord circulé dans un conduit enfoui à environ 2m sous le sol. Séduisant mais les contraintes techniques sont telles que rares sont ceux qui peuvent réellement y prétendre.

Bois : le top pour tous ?

Grâce aux poêles dits bouilleurs, le bois peut aujourd’hui être utilisé dans presque tous les appartements. Renouvelable, abondant et peu cher, il est la plus naturelle des solutions dans un département où la forêt couvre près de la moitié du territoire.
Pour autant il n’est pas nécessairement écologique : malgré leur charme, les vieux poêles ont des rendements énergétiques d’environ 50% contre 70% pour les poêles à bûches modernes et 80% pour les chaudières à granulés.  

Cette rubrique a été réalisée par Emmanuel Caen © Magazine Participe Présent / BCH Éditions 2009

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