Lire - Écouter - Voir
Une rubrique de Benoît CHEVRIERAccès rapide: Les bannières brodées pour Gigny... / Cantines, le règne de la mal-bouffe / Chloé Chamouton: les mystères du Doubs / Chloé Chamouton: les mystères de Haute-Saône / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties / Ouverture de l'Atelier / La Madeleine Proust en haut débit /
SPECTACLE / CET HIVER À LONS, BELFORT, PONTARLIER ET BESANÇON
La Madeleine Proust passe en haut-débit
|
• LONS-LE-SAUNIER
(Théâtre municipal - Places numérotées)
Samedi 17 décembre 20h30
Dimanche 18 décembre 15h
Tarifs : 18, 30 et 34 €
Réservations : Théâtre 03 84 86 03 03
• BELFORT
(Maison du peuple)
Dimanche 22 janvier 16h
Tarifs : 20, 33 et 35 €
Réservations : Projet 90 03 84 26 79 65
• PONTARLIER
(Espace Pourny)
Jeudi 26 janvier 20h30
Tarifs : 18, 30 et 34 €
Réservations : Virgo Music 03 81 46 54 69 ou Office du tourisme 03 81 46 48 33
• BESANÇON
(Théâtre musical – Places numérotées)
Samedi 11 février 20h30
Tarifs : 19, 31 et 35 €
Réservations : Lionel Patrick Diffusion 03 81 81 11 11
Ticketlive 03 81 54 20 47
|
![]() |
L'actualité de Lola Semonin est dense. Alors qu'elle s'apprête à démarrer sa tournée en Franche-Comté, nous l'avons rencontrée longuement. Cet entretien intimiste paraîtra dans le prochain numéro de Participe Présent.
A 60 ans, Lola Semonin passe en revue toute sa vie, ses blessures d'enfance, ses impressions de jeune soixante-huitarde à Besançon, les expériences des années 70, les débuts de la Madeleine Proust...
Elle pose Son regard se promène entre le passé et le présent. Elle en profite pour nous donner aussi sa vision du vieillissement.
Un grand moment à passer avec l'artiste toujours à la frontière entre l'émotion pure et le rire franc.> A NE PAS MANQUER SUR SCÈNE ET DANS PARTICIPE PRÉSENT N°8 (sortie le 16 décembre)
VIENT DE PARAÎTRE
Chloé Chamouton: les mystère de la Haute-Saône
| Après les Mystères du Doubs parus aux éditions de Borée en 2010, Chloé Chamouton poursuit sa tournée des mystères en sillonnant le terroir de la Haute Saône à la rencontre des légendes, et mystères de ce département. Elle publie aux éditions de Borée les Mystères de Haute Saône. Bestiaire féérique, diable, église hantée, eaux thérapeutiques, sorcellerie, autant d’histoires , de faits insolites, mystérieux ou extraordinaires que la journaliste d’origine franc comtoise a dénichés au fond de la Haute Saône. Avec une part importante consacrée à la sorcellerie dans cet ouvrage. « La Haute Saône terre rurale est un conservatoire de croyances, de coutumes qui se sont perpétuées au fil des siècles et dans les campagnes. De vieux grimoires, des tarots divinatoires ont été conservés dans les musées. Et il existe encore des guérisseurs, héritiers et détenteurs des connaissances liées aux plantes ». Un conservatoire de légendes Sur la route des mystères, vous croiserez également tout un cortège de créatures étranges telles que le Gros Volon, sorte de lièvre facétieux, ou le Coq Esprit de Chaumercenne, méfiez vous de la Trotte Vieille ou Chaucevieille, sorte de croquemitaine haut saônoise qui punit les enfants n’ayant pas été sages, vous pourrez effectuer le baptême de la pierre auprès des pierres percées de Traves et d’Aroz ou vous arrêter pour contempler les dolmens d’Aillevans et de Brévilliers. Et il se pourrait bien que vous frémissiez à l’approche de l’église hantée de Delain. Cette mémoire de légendes, Chloé Chamouton l’a puisée dans les souvenirs des Anciens, gardiens d’une tradition orale, et au fond des livres des collecteurs franc-comtois et des archives. « Il est important de se réapproprier ces légendes qui font partie de notre patrimoine, de leur réinsuffler du sens et de la modernité », conclut l’auteure.
|
- Les mystères de Haute-Saône, éditions de Borée (28 euros). - Les mystères du Doubs, même éditeur (24,80 euros) |
|
Ouverture de "l'Atelier" Ce projet est né d'une rencontre artistique puis d'une amitié entre Pascale Aurignac (artiste peintre, plasticienne, designer) et Aude Lionel-Marie D'Arc (sculpteur, plasticienne). Après plusieurs expositions communes dans la région et sur Paris, elles ont décidé de s'associer afin de créer un nouveau lieu pour animer des ateliers d'arts plastiques dans la région lédonnienne. Elles ont trouvé à l'Étoile l'endroit idéal pour installer l'Atelier, un vaste espace de 80m2, lumineux, en pleine nature, calme et à 5 min de Lons, lieu propice à la création. Pascale s'occupera des ateliers peinture, dessin, croquis et atelier de nu, Aude de la sculpture et du modelage. Chaque atelier aura un nombre de participant compris entre 5 et 10, pour créer une "dynamique de groupe" tout en restant à l'écoute des attentes de chacun. Elles ont à coeur d'apporter à tous les moyens théoriques et techniques (mediums "classiques" et "récup") pour que chacun exprime et développe sa créativité. |
![]() |
• Contact
Pascale 06 20 58 46 31 - www.pascaleaurignac.com
Parution
"Incroyables faits divers" par Céline Trossat
|
Avec Incroyables faits divers de Franche-Comté, les Editions Grimal lancent une nouvelle collection régionale dédiée aux plus grandes affaires judiciaires, connues ou moins connues du grand public. Avant la Bretagne et la Provence, la Franche-Comté inaugure cette série avec des histoires de drames passionnels, viols, meurtres, agressions racistes, pédophilie, proxénétisme... Au total, une quinzaine d’affaires contemporaines, de la tuerie de Luxiol qui a vu quatorze personnes périr sous les balles d’un fou en 1989, à la découverte récente d'une cache de l'ETA dans une forêt du Jura, en passant par le meurtre du jeune Jonathan ou la torture d’une collégienne de 14 ans par ses deux camarades de classe. Une fulgurante plongée dans les méandres du crime…
|
![]() |
Journaliste à Lyon Figaro, Ouest-France et L'Est Républicain, Céline Trossat travaille aujourd’hui pour l'hebdomadaire Voix du Jura, journal pour lequel elle suit les faits divers et affaires criminelles. Elle a déjà publié un livre d’enquêtes " Découvrir la franc-maçonnerie " (Qidesign) en 2010.
![]() |
![]() |
Ce livre, très documenté et illustré, est une véritable « histoire brodée » . Il rappelle les grandes lignes de l’histoire de l’abbaye de Cluny, qui a marqué l’histoire de l’Occident médiéval, et dont on célèbre le 1100e anniversaire de la fondation. Conduits par leur abbé Bernon, 12 moines venus des abbayes de Gigny et Baume-les-Messieurs, dans le Jura, sont arrivés à Cluny en septembre 910.
Cet étonnant volume est à la fois une présentation très accessible de l’histoire du Moyen Age et une mine de modèles brodés qu’il est tout à fait possible de personnaliser et d’adapter à d’autres types d’ouvrages créatifs. C’est aussi une belle idée pour un cadeau de Noël à la fois passionnant et utile aux amateurs d’histoire et de patrimoine comme aux brodeuses.
Le projet « Bannières brodées pour Gigny, Baume, Cluny… » est une aventure collective qui a rassemblé pendant 8 mois plus de 360 brodeuses de France, Suisse et Allemagne. Ensemble, elles ont brodé 1066 carrés pour réaliser 26 bannières et 2 oriflammes, cousues par 34 couturières !
L’ ouvrage regorge d’illustrations brodées au point compté (point de croix). Il propose aussi les diagrammes de 92 des plus de 400 modèles inédits créés pour le projet.
Il présente également les 137 sites membres de la Fédération européenne des sites clunisiens en Europe, avec une bonne proportion de sites français, mais aussi nombre de sites écossais et anglais, allemands, espagnols, italiens et suisses. Chacun, illustré par un modèle brodé créé spécialement pour lui, est commenté par une petite notice historique.
Pour en savoir plus : http://marlie.over-blog.com/
![]() |
L'aventure du Bannière's Band L’ouvrage « Bannières brodées pour Gigny, Baume, Cluny…», édité par l'ADAPEMONT et Mêta-Jura, deux associations jurassiennes, peut être commandé au tarif de 30 € (frais de port compris) auprès de Claude Guillaumin, 24 place de Verdun, 39570 Montaigu (chèque à l’ordre de Mêta-Jura). |
|
Plaidoyer pour une restauration collective
de qualité
Il vient de paraître aux éditions Mordicus, un ouvage co-écrit par Jacques Pélissard, le député-maire de Lons-le-Saunier également président de l'association des maires de France et Philippe Durrèche, conseil expert en restauration municipal, que l'on présente comme le Monsieur Propre des cantines scolaires. Nourriture infecte, repas tièdes et expédiés sur fond sonore ... c'est l'image que l'on a généralement de nos cantines scolaires. Une image qui est partagée au minimum par un tiers des écoliers du primaire qui estiment que les repas qu'on leur sert ne sont pas bons. Avec Philippe Durrèche, on en apprend beaucoup sur les mécanismes qui conduisent de nombreuses collectivités à déléguer le service de restauration collective, en sous-traitant généralement à des sociétés privées spécialisées comme la Sodexho, Eurest ou Générale de |
![]() |
restauration. Souvent par attrait des tarifs imbattables pratiqués par ces sociétés au détriment de la qualité. Il y a aussi la peur des normes sanitaires et des investissements qui en découlent. Philippe Durrèche a la dent dure envers ces sociétés (dont il fut d'ailleurs un concurrent) qui bien que respectant les normes sanitaires et nutritionnelles, les contournent en employant des produits substituts, "des cochonneries dans lesquelles on trouve des phosphates et polyphosphates, avec des teneurs élevées en acides gras et en cholestérol." Les "fausses viandes" remplacent souvent les vraies: les cordons bleus et autres grilladins. Pour Jacques Durrèche, un seul mot d'ordre: renforcer les contrôles car "les sociétés rentrent dans le rang quand on les surveille".
La dent dure, il l'a aussi envers les services vétérinaires accusés selon lui de produire pour les cuisines des normes "supérieures à celle des hôpitaux" : "Aujourd'hui, affirme-t-il, il est devenu impossible de faire de la cuisine à cause des services vétérinaires. Les professionnels de la restauration passent leur vie à enregistrer, noter, tracer. Ils sont devenus des gratte-papiers et des nettoyeurs. Le rêve des services vétérinaires ? Une cuisine dans laquelle on ne fait pas de cuisine !" Ainsi explique-til que plus aucune matière vivante ne peut y entrer: fromage crû, lait, oeufs, produits fermiers ou terreux... Bref, tout arrive désormais en sachet, déjà cuit.
Avec Jacques Pélissard, on adopte le point de vue de l'élu qui a la possibilité de refuser cette fatalité d'une restauration collective sacrifiée sur l'autel du coût. Sa ville de Lons-le-Saunier a fait ce choix de politique en se lançant dans une restauration bio en régie directe qui prend le contre-pied de la tendance générale.
On apprend ainsi l'histoire de ce choix courageux, parti d'un souci de préserver les puits de captage de l'eau distribuée sur la ville (également en régie municipale). Pour cela il a fallu convaincre les agriculteurs d'arrêter leurs pratiques intensives qui par les nitrates et les pesticides menaçaient la qualité de cette eau. Puis les encourager à produire en bio. Ce fut en créant le marché local à destination de la restauration collective dont bénéficient principalement les scolaires.
Le premier produit testé fut le pain, présent en continu dans les 600 000 repas annuels. Il fut ainsi créé une filière depuis le producteur de blé bio, jusqu'au boulanger en passant par le minotier. Le surcoût fut peut-être sensible au départ (+15 000 €) mais il fut rattrapé dès la première crise céréalière. Les producteurs, assurés du marché, pouvaient s'engager à ne pas augmenter leurs prix.
La viande bio fut aussi une étape importante. la ville achète désormais ses boeufs vivants et les fait abattre par l'abattoir municipal (en délégation). Ce qui lui permet de contrôler la trace et de créer de l'activité économique localement.
Plus longue sera la mise en place d'une filière de légumes bio, par le manque actuel de producteurs locaux mais l'expérience est d'ores et déjà probante: il ne reste plus de pain dans les corbeilles ni dans les assiettes après les repas. Quand on sait que 30 à 40% des repas de la restauration collective industrielle finit généralement dans les poubelles, on peut se mettre à rêver d'une inversion de tendance.
Voici en tout cas un livre que tout élu ou électeur devrait avoir lu. Pour ne pas dire qu'il ne savait pas.
Éd. Mordicus, 105 pages (10,90 €)
Accès rapide: Cantines, le règne de la mal-bouffe / La rentrée de Chloé Chamouton / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties
Les grandes affaires criminelles en Franche-Comté
|
L'auberge rouge version jurassienne, "coupe-gorge dans la forêt des Charmes“, "Crime à Mantry“ , "Mortelle rupture à Dole“, "La mare aux cadavres" ... Voici quelques titres des chapitres macabres qui vous attendent dans ce livre qui relate 27 affaires criminelles de la fin du XVIIe à ce jour du 12 juillet 1989, date de la fameuse "tuerie de Luxiol" de sinistre mémoire avec ses 14 victimes de la folie meurtrière de Christian D. Ce dernier, a été diagnostiqué comme souffrant d'une "schizophrénie évolutive" a été jugé irresponsable et n'a pas été jugé. Il est interné depuis 1991 dans une unité de malades difficiles à sarreguemines en Moselle. Éditions De Borée - 350 pages / 28 € |
![]() |
Chloé Chamouton : entre philosophie et mystères comtois
![]() |
Titulaire d’un master Euromédias, journaliste pour différents supports de presse quotidienne régionale (Le Progrès, l’Yonne Républicaine), rédactrice de deux mensuels d’information gratuits sur le Jura, pigiste pour des revues d’histoire antique, écrivain, Chloé Chamouton a diverses facettes à son talent. Après deux livres sur le terroir franc-comtois aux éditions CPE, parus en 2009 ( En Comté, le Bonheur Gourmand et les Maisons Comtoises), Cette Jurassienne âgée de 30 ans a sorti en septembre 2010 deux ouvrages sur ses passions : la philosophie et les mystères de sa région, à savoir la Franche-Comté.Elle nous entraîne au cœur de la galaxie philosophique avec son ouvrage « La philosophie pour les débutants » qui paraîtra mi-septembre aux éditions Qi Design. |
Après l’initiation philosophique, place aux mystères comtois avec l’ouvrage « Les Mystères du Doubs », aux éditions De Borée. Vouivre, fées, bestiaire fantastique, mégalithes, coutumes insolites, faits étranges, autant d’ingrédients qui ne manqueront pas d’aiguiser la curiosité des lecteurs pour partir sur la trace des contes et légendes du Doubs.
Lire également : Chloé Chamouton: les mystères de Haute-Saône
"A fleur d'eau", une plongée fascinante dans l'univers de Michel Loup

En haut Denis Plénat et Michel Loup avec son nouveau livre dans les mains. En bas Bruno Salvi (éditions Titom) et Aino Adriaens. Cette photo prise par Didier Lacroix au château Vandelle à L'Étoile lors de la présentation du livre aux souscripteurs au mois de mai 2010.
Bien au delà du Jura, Michel Loup s'est taillé une solide réputation de photographe de la nature. Récompensé trois fois (2005, 06, 09) au concours international de la BBC "Wildlife photographer of the year", il avait déjà longuement expérimenté la photo subaquatique avant de se lancer dans ce projet de livre puis de rencontrer l'éditeur Bruno Salvi (Titom) qui de son côté avait déjà fait un bout de chemin sur le sentier des beaux livres de références.
Pour ce projet il fallait être quatre et la rencontre de Michel Loup avec la biologiste d'origine belge Aino Adriaens qui réside en Suisse fut le véritable point de départ de la construction de ce livre tout en reflets.
Reflet des poissons et des nymphéas sur la surface de l'eau, reflet des photos dans les textes, reflet des émotions de Michel Loup dans chacune de ses photos.
Le quatrième larron se nomme Denis Plénat, graphiste de talent avec lequel Bruno Salvi avait déjà travaillé. La confiance est essentielle dans ce domaine.
Le résultat est tout simplement magnifique, révélant tout un monde à l'abri des regards.
"Nous n'avons pas fait volontairement référence aux sites où Michel plonge pour ne pas attirer la curiosité, susciter des tentations et faire que les gens viennent en masse déranger cet écosystème" prévient l'éditeur. En effet tout dans les images de Michel Loup est soucieux de capter la magie de l'instant présent, la lente évolution naturelle rythmée par les saisons sans jamais ni la contrarier ni intervenir. La patience et le respect des sites et de leurs habitants donnent à la vie intérieure des lacs jurassiens un aspect féérique. Pourtant la vie des crapauds et des grenouilles, pas plus que celles des perches et des brochets n'est rêvée mais elle suit un ordre naturel encore préservé et c'est peut être cette intimité rare qui fait tout le charme de ce magnifique livre à qui l'on souhaite une belle carrière.Un mot pour dire tout l'intérêt des textes d'Aino, car loin de ponctuer seulement le livre ils amènent une vraie poésie et reflètent (eux aussi) toute l'âme de ce photographe d'exception. Ils éclairent un peu mieux cette vie subaquatique qui échappe à notre vue. Tout un monde si lointain et pourtant si proche.
"A fleur d'eau" - 192 pages, 150 photos, 58 euros (Édit. Titom)
« Frères d'exil » par Bernard Cabiron
|
Comme l'herbe sous le bitume Après l'excellent "L'époque épique de Charcigny la rouge", Bernard Cabiron vient de publier "Frères d'exil", le premier livre des éditions La Cressonnière, autre création de l'auteur, pas la moindre. Ce petit livre d'un format très pratique conte le destin assez exceptionnel de deux êtres que rien ne devait mettre en présence: l'instituteur militant communiste Maurice Choquet et l'abbé Besançon. La guerre, l'occupation et la déportation en ont décidé autrement... Réunis par le hasard d'une rafle, ils ont soudé une amitié durable, renforcée à chaque mise à l'épreuve. Ce livre est né en deux temps, celui de la prise des notes et celui de la prise de décision d'écrire cette histoire merveilleuse qui s'est développée comme l'herbe sous le bitume. Cramponnés à la vie dans cette tourmente soufflée par la folie humaine, ils ont traversé les épreuves et des souffrances extrêmes. Que cette aventure humaine revive sous la plume de Bernard Cabiron nous permet de ne pas oublier que si l'on range sa citoyenneté dans les linéraires de l'indifférence c'est l'extrêmisme qui se charge toujours de réveiller les consciences avec un retard dramatiquement préjudiciable. Ce petit livre pourrait être lu dans tous les établissements scolaires, son oeuvre pédagogique est d'une évidente actualité. Jugez vous mêmes. "Frères d'exil" - Bernard Cabiron (La Cressonnière - 10 euros) |
![]() |
« La cathédrale », le dernier roman d’Olivier Larizza
![]() |
Il y a des livres plus forts que les autres. Ils émergent, flottent longtemps au dessus de la multitude. En ces temps d’incertitude, de crainte, un roman comme celui-ci est un peu comme un rocher où l’on peut se reposer sans crainte. « La cathédrale » est une aventure humaine comme il en paraît peu par décennie. Un jeune cadre trentenaire perd sa mère un soir de Noël. Miné par le chagrin il part à Madrid où il fait la connaissance d’un étrange personnage, un vieil homme illettré qui a entrepris de construire une cathédrale de ses mains. Ce voyage aux apparences anodines va se muer rapidement doucement en quête spirituelle. Alternant les contes comme un divertissement et les romans comme un accomplissement Olivier Larizza s’est bâti une solide bibliographie, sans fausse note. On avait vraiment jubilé avec son récit de souvenirs du Tour de France, on avait été passionné par le destin de son poilu pris dans la tourmente du Vieil-Armand, cette montagne d’Alsace qui fut le théâtre d’une terrible bataille oubliée de la guerre de 14-18. |
|
Lorrain de naissance, Olivier Larizza vit partage aujourd’hui sa vie entre Strasbourg et la Martinique. Si l’homme est encore jeune (34 ans), l’écrivain balade son regard étonnement mûr sur la vie. La critique l’a comparé à Khalil Gibran (Le Prophète) et à Paulo Coelho (L’Alchimiste) avec cette « Cathédrale « qui marquera sans doute une date importante comme étant sa première œuvre de référence. Et nous l’espérons, pas la dernière. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’Olivier mérite une place dans notre bibliothèque contemporaine idéale.
Editions Orizons (200 pages / 17 €)
Du même auteur : Le Tour de France dans tous ses états (Le boulevard, 2006), Le choix des âmes (Anne Carrières, 2008), Oscar le renard et l’impala de la savane (Oskar, 2009), Léonard de Vinci (Actes Sud, 2010) www.olivier-larizza.com |
![]() |
Accès rapide: Cantines, le règne de la mal-bouffe / La rentrée de Chloé Chamouton / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties
Les dernières sortiesAccès rapide: Cantines, le règne de la mal-bouffe / La rentrée de Chloé Chamouton / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties
![]() |
L'Étoile (Jura) - Une ascendance italienne, une origine grandvallière. Une formation en micromécanique, une passion pour le bois. Un passé dans les chiffres, une nouvelle vie dans les lettres. Bruno Salvi balance entre toutes ces influences mais suit une ligne éditoriale rigoureusement personnelle. Portrait d’un homme libre qui, de son propre aveu, « n’est pas très représentatif de l’éditeur type |
« Mes livres ne sont pas toujours faciles à vendre mais ils suivent leur bonhomme de chemin. » Ainsi va Bruno Salvi, comme Titom sa maison d’édition : à pas mesurés. Au rythme d’une sortie par an, rarement plus. « Ma ligne éditoriale est en rapport avec le Jura, son savoir-faire, son architecture, son patrimoine en général ou avec une thématique de l’art inspiré par la nature. »
A chaque fois, Bruno Salvi privilégie les auteurs locaux et pour tout dire les rencontres. « J’ai besoin de cette proximité, ce qui m’intéresse avant tout c’est l’aventure humaine. » Il passe sur « les prises de risque phénoménales » pour s’attacher à la vibration affective qui déclenche souvent le projet.
En 2004, Bruno vend ses parts et quitte l’entreprise familiale. « Je n’avais rien en tête à ce moment là. Après, c’est la vie… » Et surtout la rencontre avec le photographe Didier Lacroix et William Chauvin, talentueux touche-à-tout de l’écriture qui travaillaient sur le projet « Langage du temps ».
Avec Titom, sa maison d’édition fruit d’un hasard malicieux, il vit avec la sensation d’être né sous une bonne étoile. Pas seulement pour le joli jeu de mots (il est installé à L’Etoile). « Je ne suis ni un intello, ni un érudit. J’ai toujours l’impression d’apprendre des choses sans effort et puis, je n’ai jamais de projet derrière celui en cours. Je crois juste en mes prémonitions. »
Ne pas être du sérail ne l’a pas empêché de s’imprégner des métiers du livre. Impression, distribution, diffusion : il a voulu tout comprendre de cette mécanique de précision pour maitriser au mieux les arcanes de la filière. Des données nécessaires pour s’adapter aux contraintes énormes qui pèsent aujourd’hui sur ce secteur d’activité dont le chiffre d’affaire ne cesse de baisser quand les sorties ne cessent d’augmenter.
Comme lui, ses ouvrages prennent leur temps de s’installer durablement dans le paysage régional. Petit à petit, ils s’imposent comme d’authentiques références. Citons Croisées de chemins pour le patrimoine religieux jurassien ou Cœur de bois pour le jouet. Des livres de fonds, construits pour naviguer au long cours sur les eaux tranquilles du patrimoine littéraire local. Et il en ira ainsi de sa dernière fierté, l’adaptation du Médecin des pauvres en bande dessinée. Un projet insensé qui a trouvé sa raison d’être avec le dessinateur dolois Damien Cabiron. Le second volume (voir par ailleurs) apporte la révélation finale, et pas simplement celle de la fiction originale : ce projet était une évidence.
Les livres Titom
2004 « Le langage du temps »
Photos Didier Lacroix
Textes William Chauvin
2005 « Croisées de chemins »
Photos Didier Lacroix / Textes Jean-Luc Mordefroid et William Chauvin
2006 « Traits sauvages »
Peintures, dessins et gravures des frères Mongenet / Textes Bernard Cabiron
2007 « Cœur de bois »
Photos Didier Lacroix / Textes Franck Chevallier
2008 « D’une aube à l’autre »
Photos Florent Cardinaux / Haïkus William Chauvin
« Le médecin des pauvres – 1. Le Masque Noir » Adaptation et dessins de Damien Cabiron
Septembre 2009 : Second tome du Médecin des pauvres : «2 - Le capitaine Lacuzon »
Printemps 2010 : Sortie du livre "A fleur d'eau" avec les photos subaquatiques de Michel Loup (ci-dessus)
Accès rapide: Cantines, le règne de la mal-bouffe / La rentrée de Chloé Chamouton / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties
Philippe Thiéfaine : un capitaine sur la Passerelle
![]() |
C’est l’histoire d’un refus de la fatalité. L’aventure de la librairie doloise La Passerelle a failli tourner court en 1999 avec un dépôt de bilan annoncé. Actionnaire minoritaire de la première heure, Philippe Thiéfaine a refusé que les portes se ferment définitivement. Dix ans plus tard, la capitaine est toujours sur le pont de cette librairie indépendante, navire amiral de la résistance face aux rayons livres des grandes surfaces. Rencontre avec un passionné |
Flanqué d’une béquille héritée d’une mauvaise entorse, Philippe Thiéfaine a l’allure d’un capitaine corsaire rescapé d’un combat. « C’est une guerre permanente cette librairie, démarre l’intéressé dans sa cabine grignotée par les cartons de bouquins. Et moi je suis ici comme militant du livre à une époque où le livre et sa diffusion sont en danger.»
Psychologue clinicien et psychanaliste, l’homme n’avait pas besoin de vivre des dividendes d’une librairie. La passion s’est chargée d’allumer la flamme. « Nous voulions créer un vrai pôle culturel au coeur de la ville de Dole, avec une proposition de choix comme elle n’en a jamais eu. Aujourd’hui nous avons 22 500 livres en stock et 20 000 titres différents, quitte à n’avoir pas d’effet pile. »
La Passerelle n’a rien de ces enseignes commerciales « qui ont tendance à vendre ce qui se vend, quitte à vendre de l’éphémère.» Par conviction, le durable est donc inscrit dans une mosaïque de références. « Il serait impensable par exemple de ne pas avoir Guerre et paix de Tolstoï. » Pour Philippe Théfaine, « le flux rapide » (vous savez ceux dont on dit que le dernier en déjà en tête des ventes), « a le même effet sur la production littéraire que l’audimat sur celle des émissions de télé. » D’où l’intérêt selon lui que le lecteur vienne acheter le dernier Grangé, le dernier Marc Lévy dans une librairie indépendante
« pour lui permettre d’investir dans un fond plus lent, de travailler avec de petits éditeurs qui donnent leur chance à des auteurs en devenir.
Dernier aspect et non des moindres, La Passerelle est un lieu d’animations culturelles avec des séances de dédicaces, des expositions réunies sur les 150 m2 de cet immeuble réhabilité de la place de la sous-préfecture.
« La guerre, nous la menons depuis 10ans, et notre chiffre d’affaire n’a jamais cessé d’augmenter. C’est la victoire de nos clients et aussi la preuve que nous sommes compétitifs sur certains points. Avec peu d’éléments nous sommes en effet capables de retrouver un livre. Nous sommes la preuve que les Dolois apprécient des libraires de métier. »
La Passerelle c’est aussi une maison d’édition, SARL à but non lucratif où Annie et Jacques Geoffroy sont les autres personnages principaux. « Là ça ne procède pas du même fond, on n’a pas besoin de nous. Il existe déjà beaucoup de petits éditeurs. C’était juste pour se faire plaisir, avec le souci de remettre en circulation des textes et des auteurs importants qui avaient tendance à être oubliés. Exemple emblématique avec Nodier. Nous avons ressorti son Hurlubleu dont le stock avait entièrement brûlé et qui était introuvable depuis. Notre ligne éditoriale au fond on pourrait la résumer ainsi : c’est toute la contribution de la Franche-Comté à la culture universelle. Avec un travail très humble de deux livres par an. En 2008, on a donc sorti le livre de Nodier et les actes du colloque qui lui ont été consacré. » Depuis quelques semaines, les éditions de la Passerelle sortent un nouveau livre «Anima mundi ou Agrippa à Dole» signé Philippe Thiéfaine. L’homme est aussi philosophe de formation et auteur à ses heures.
Librairie La Passerelle, 16 bis place de la sous-préfecture, 39100 Dole
03 84 72 88 53 -
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
---------------------------------------------------------------
Accès rapide: Cantines, le règne de la mal-bouffe / La rentrée de Chloé Chamouton / Les grandes affaires criminelles / "A fleur d'eau" par Michel Loup / “Frères d'exil“ par Bernard Cabiron / “La cathédrale“ d'Olivier Larizza / Titom / Librairie Passerelle & P. Thiéfaine / Les dernières sorties
Le livre à dévorer
La gratinée façon Jules
Jean-Claude Barbeaux, dans le Jura on connaît. Issu de la Bresse chaumergienne, il fut journaliste au quotidien Les Dépêches - Le Progrès à l’époque épique de la concurrence des deux titres puis de leur fusion. Il fut également à l’origine du mythique fanzine rock Machine à écrire lorsque sa plume signait Jules Box. Depuis les années 80, il a pas mal bourlingué sur l’océan des titres. On ne citera que ses escales à Libération Lyon, Le sport, Pays Comtois. La dernière le ramenant évidemment à Besançon. C’est là qu’il débuta sa deuxième vie professionnelle sous la pergolienne enseigne Tigibus.
Ceux qui le connaissent et l’apprécient de longue date savaient que le meilleur était à venir, le jour où il se mettrait enfin à table. Façon de parler. On n’évoque pas son appétissant «A table avec le comté» qu’il a co-écrit trop sérieusement il y a quelques années mais de son premier roman paru tout récemment aux éditions Cabédita. Pour faire court, «Panique à la fromagerie» est l’histoire d’une entreprise de déstabilisation de la filière comté imaginée par le Rogneux, de la puissante industrie laitière Toumieu, « leader-maximo du lait en poudre, Gengis Khan de la pasteurisation ».
Avec l’aide de son éminence grise et de quelques personnages troubles comme cette «Mata Hari des cuves à lait», il va jeter son dévolu sur la Rochante, union des fruitières emblématique du village de Manintrez, symbole de la filière, et présidée par Jules-César Boisguilbert, figure patrimoniale du système qui nargue la puissance régnante tel le village d’Astérix.
La Rogneux va-t-il réussir à mener à bien ses noirs desseins ? Vous le saurez en découvrant page après page les nombreuses péripéties de cette comtoise aventure farcie de clins d’œil et de références issues du panthéon très personnel de l’auteur qui se dilate de Clavel à Offenbach et du vin jaune aux Bleus du foot. L’air de rien, Jean-Claude Barbeaux sème entre les lignes des indices gratinés sur une filière dont il maitrise les coulisses.
Rien que pour ses morceaux de bravoure (la guéguerre des prénoms et le match de foot), nous décernons volontiers à l’auteur de cette «Panique» jubilatoire le label à cloche verte du roman Intergalacté de l’année. Et plus si affinage comme on dit à Manintrez.
B.Ch.
« Panique à la fromagerie », Jean-Claude Barbeaux, 136 pages / 20 euros
Pour en lire plus : http://paniquealafromagerie.blogvie.com/
© Magazine Participe Présent 2010


Chloé Chamouton aux Mots Doubs à Besançon












